De Cuzco au Machu Picchu

Nous arrivons par le bus de nuit à Cuzco au petit matin, où l’on nous cueille, une fois n’est pas coutume, à la sortie du bus pour nous mener dans un hôtel. Charmante vue sur la ville, nous somme dans le quartier de San Blas, sur les hauteurs, la montée est donc rude. Nous nous recouchons et occupons le reste de la journée à organiser les prochains jours dans la vallée des incas : choix du train pour gagner le Machu Picchu (MP) par Ollantaytambo, une ville inca où l’on peut visiter de superbes ruines, choix du billet touristique (partiel) qui nous permet de visiter les ruines de Pisac, d’Ollantaytambo et le site de Moray. 

Rien n’est établi sur l’origine de la civilisation inca, ce qui est sur c’est qu’ils fondèrent la ville de Cuzco aux alentours de l’an 1200, que durant 2 siècles les maitres de la vallée se succédèrent et qu’ils commencèrent à soumettre leurs voisins immédiats, parfois au prix de durs combats. Du temps de la splendeur de l’empire, qui ne dura que moins d’un siècle (de 1438 à 1532), les incas dominaient un immense territoire couvrant largement le Pérou, la Bolivie, l’Equateur et un bon morceau de la Colombie. C’est à l’arrivée des espagnols, et plus particulièrement du célèbre Francisco Pizarro et de ses hommes, en 1532, que l’empire incas est mis en pièces et que la colonisation du Pérou commence. 

Nous goupillons tout bien et partons dès le lendemain pour Pisac en collectivo (minibus-taxi collectif). Nous y visitons le marché ultra touristique où l’artisanat est désormais plus qu’omniprésent et les vendeurs de fruits et légumes réduits à occuper quelques mètres carrés. Puis, nous nous apprêtons à trouver un taxi pour monter jusqu’aux ruines de Pisac à quelques 8 kilomètres quand l’un d’eux  s’arrête près de nous avec à son bord Jérôme et Delphine, qui, bien qu’ayant dormi au même hôtel que nous, ont prévu de passer plus de temps dans la région. Ils ont finalement décidé de commencer par Pisac. C’est parti, nous débutons la visite des ruines ensemble et finirons… séparément. Le site est gigantesque et regorge de détours, chemins, maisons, temple. Comme dans toutes les constructions incas l’ajustement des pierres est admirable. Nous regagnons tous le village à pied, par le sentier qu’empruntaient les incas, à notre rythme, et ne nous retrouverons que plus tard. Quant à nous, un dernier tour dans le marché et nous filons vers Urubamba, ville étape chère et sans aucun intérêt où nous nous écroulons dans l’hôtel le moins cher de la ville non sans avoir fouillé chaque ruelle de fond en comble. 

Le lendemain, détour en collectivo vers le sud pour rejoindre Maras où des taxis hors de prix attendent le touriste pour lui faire faire le tour habituel de deux sites superbes : Moray et les salinas. Moray est un site inca où l’on peut admirer un ingénieux système de terrasses en amphithéâtre. Les scientifiques pensent que le site servait de laboratoire écologique, c’est-à-dire que les incas testaient différentes cultures sur différents niveaux pour constater à quel endroit les plantations seraient le plus productives. Puis direction les salinas, où, en pleine cordillère on admire un spectacle époustouflant : pas moins de 4000 bassins de sel, dont les plus anciens étaient exploités avant les incas ! Une source d’eau saturée en sel coule à cet endroit pour la plus grande joie de la population qui l’exploite. Puis un sentier nous mène après une heure de descente douce vers la route qui reprend vers Ollantaytambo. Une voiture s’arrête juste quand nous sortons du sentier et nous mène pour 2 soles à notre but. 

Il est encore tôt, journée bien chargée et nous commençons la visite du site. Des ruines superbes, en fait une forteresse qui gardait la route du chemin du Machu Picchu (MP) ! A la fin de la visite nous recroisons D et J avec qui nous dinons un bon hamburger. 

Le lendemain matin, c’est le grand jour, levés à 5h pour prendre le train de 6h qui nous mène d’Ollantaytambo vers Agua Callientes, au pied du MP, en 3h. A la sortie du train, branle bat de combat : on pose nos valises dans le premier hôtel de la ville, achetons notre billet de bus, nous faisons refouler au bus (départ toutes les 20mn) car il nous faut notre billet pour le MP pour entrer dans le bus qui y mène, tour en ville pour l’acheter, retour au bus et ouf les 2 dernières places du bus suivant, qui nous mène après 13 lacets très serrés à l’entrée. Nous entrons sur le site sous une pluie fine et nous précipitions au poste contrôle pour l’ascension du Wayna Picchu puisque pour des raisons de sécurité seuls les 400 premiers visiteurs de la journée sont autorisés à monter. Nous gravissons les marches hautes et interminables, la pluie a cessé, et nous arrivons enfin au sommet, d’où la vue plongeante sur le site inca et sur la vallée est à couper le souffle. La matinée est nuageuse ce qui ajoute au mystère du site. Nous nous asseyons une bonne heure pour admirer le panorama, sous des pluies intermittentes et nous mangeons tranquillement nos sandwichs. Nous redescendons en début d’après midi pour faire la visite du site. Les ruines ont été redécouvertes par l’archéologue américain Bingham en 1911, tout à fait par hasard. Il fut d’ailleurs étonné de constater que cette cité perdue était habitée par un couple d’indiens cultivant les terrasses alors que l’endroit était recherché depuis des siècles par les archéologues. Il faut dire que le site est parfaitement invisible depuis la vallée et les archéologues ne savent toujours pas pourquoi il a été construit : Il n’y a aucune certitude sur aucun aspect du MP, aucune histoire écrite puisque les incas ne savaient pas écrire. Nous parcourons les ruines à l’aide de notre « guide » et en profitons pour filmer quelques séquences destinées à l’élaboration d’un petit film cadeau d’anniversaire de Pierre, le frère de Franck. Nous restons jusqu’à la fermeture, la dernière heure nous faisant profiter du cadre quasiment seuls, à l’exception des quelques lamas qui vivent ici. Nous redescendons à la ville et rejoignons D&J pour un bon  repas précédé d’un bon pisco sour. Le lendemain matin nous prenons le train pour Ollantaytambo puis regagnons Cuzco en bus. Remontée à San Blas pour une nuit. Le 6 décembre, quelques emplettes au marché artisanal de Cuzco et direction Nazca en bus de nuit dont le trajet se révélera plus que mouvementé ! (Suite au prochain numéroJ)

De Cuzco au Machu Picchu
Album : De Cuzco au Machu Picchu

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Lien vers la petite suprise pour le frérot : http://www.youtube.com/watch?v=WZKSugHOYDE

Publié dans : PEROU | le 18 décembre, 2010 |4 Commentaires »

Pérou : les îles du lac Titicaca

Nous arrivons à Puno le 28 novembre et réservons une excursion de 2 jours sur les îles flottantes d’Uros, et les îles d’Amantani et Taquile. Nous partons le lendemain matin tôt sur un bateau d’une vingtaine de places au son de la flûte de pan dans laquelle souffle un musicien solitaire venu nous souhaiter bon vent. Première étape sur les îles d’Uros. Le peuple Uros a construit ces îles il y a plusieurs siècles au milieu du lac Titicaca afin d’échapper aux Incas. Nous sommes accueillis par quelques femmes qui nous expliquent comment les îles ont été fabriquées, à l’aide de roseaux du lac empilés et ancrés afin que les courants ne les fassent pas dériver. Un enfant attire notre attention, Franck entame la discussion et s’en fait un ami. L’arrêt ne dure qu’une grosse demi heure, nous repartons rapidement pour l’île sur laquelle nous passerons la nuit. Nous débarquons dans le mini port d’Amantani et sommes accueillis par quelques femmes qui attendent que notre guide répartisse chacun d’entre nous. Puis nous sommes guidés tous les quatre par notre hôte Delia jusqu’à sa maison aux murs de chaux qui sera un peu la notre jusqu’au lendemain. Nous sommes dans une famille quechua, qui accueille des touristes pour la première fois, l’accueil fonctionnant sur une rotation entre communautés que composent les 4000 habitants de l’île. Le repas nous attend, une soupe de quinoa, quelques pommes de terre accompagnées de fromage maison et pour terminer une tisane de munia, une sorte de menthe sauvage que notre hôte nous promet très bonne pour la digestion. Nous mangeons à coté de la cuisine, ou les cochons d’inde se baladent en attendant de passer à la casserole ! Nous allons digérer notre bon repas en grimpant au somment de la plus haute colline de l’île, un site de cérémonies appelé Pachamama, et assistons à un coucher de soleil exceptionnel sur le lac. Le soir notre repas ressemble à celui du midi, et nous finissons la soirée en participant à une petite fête organisée pour les touristes, avec costumes péruviens et farandole obligatoires, et Cusquena, bière locale, optionnelle mais pour laquelle nous optons. La journée a été longue, nous soufflons la bougie et nous couchons sur nos lits de paille très typiques et très peu confortables ! 

Le lendemain matin nous embarquons à 8h sur notre chaloupe et mettons le cap sur l’île de Taquile. Les 2000 habitants qui peuplent l’île vivent principalement du tourisme, ils perpétuent une tradition de tissage typique, les hommes tissent et les femmes marient les meilleurs tisseurs. Nous traversons l’île à pied, la vie locale semble calme et tranquille, et les tenues colorées de tous les habitants sont un régal pour les yeux. Les bonnets que portent les hommes ont d’ailleurs tous une signification, tel bonnet pour les célibataires, tel bonnet pour les hommes en couple non mariés, tel autre bonnet pour les hommes mariés, même les notables sont reconnaissables à leur couvre chef. Nous quittons l’île pour retourner à Puno le 30 novembre et prendre un bus vers la ville sacrée de Cuzco.

Uros, Amantani, Taquile
Album : Uros, Amantani, Taquile

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Publié dans : PEROU | le 16 décembre, 2010 |3 Commentaires »

Les villes de Bolivie

Nous dormons à Uyuni et achetons un vieux routard 2000-2001 Bolivie-Pérou-Equateur dans notre hôtel, le moins cher de la ville. Départ matinal vers Potosi. Après 3h de route nous arrivons en ville et cherchons un hôtel pas cher, l’auberge de jeunesse la plus cracra qu’on ait faite. Ça fera l’affaire pour 2 nuits ! Potosi est la seule ville d’Amérique Latine élevée au rang de ville impériale (en 1555 par Charles Quint). Exploitée pendant 3 siècles, la mine aurait produit suffisamment pour paver d’argent  une route à deux voies jusqu’à Madrid ! Surnommé par les espagnols le Cerro Rico (la montagne riche), la mine comptait 10 000 galeries et plusieurs milliers d’entrées.  Avec plus de 160 000 habitants, Potosi était plus peuplée que Paris et Londres à la fin du 16esiècle. Les historiens sont formels, les flux d’argent des mines de Potosi vers l’Europe fut une condition sine qua non du développement du capitalisme. On appelle ce processus la formation primitive du capital : une injection de liquidités qu’on a du mal à imaginer : 50 milliards de dollars des années 70 entre le 16e et 19esiècle. Sans parler du génocide de 6 millions d’indiens Aymaras, Quechuas, ainsi que des Noirs importés d’Afrique par le biais du commerce triangulaire ! Des la moitié du 18e, les filons d’argent s’épuisèrent. Potosi tomba en décadence et compta moins de 10 000 habitants au 19e siècle. La découverte et l’exploitation de l’étain relancèrent néanmoins l’économie de la ville avant qu’elle ne retombe ces dernières années, l’exploitation ne se révélant plus rentable…  Nous réservons dans une agence la visite du Cerro Rico, pour le lendemain. L’expérience est troublante : nous sommes habillés en tenue de mineurs (combinaison, bottes, casque à lampe). Germinal, vécu en direct au 21eme siècle ! Nous passons d’abord par le marché des mineurs où il nous est recommandé de ramener des cadeaux aux travailleurs de fond. Boissons sucrées, cigarettes, feuilles de coca, dynamite…Nous achetons chacun un sac, prêts à faire notre toute petite BA. Nous entrons dans la mine, suivons le boyau pendant plusieurs centaines de mètres, dans une quasi obscurité. Nous sommes équipés de petits masques, mais pas les mineurs et quand bien même, ils ne représentent pas une protection suffisante pour l’environnement néfaste dans lequel ils évoluent. Long tunnel étroit, où l’on marche courbé en deux. La chaleur devient vite étouffante, l’air de moins en moins respirable (poussière, salpêtre, amiante, carbure de calcium, etc). Nous rencontrons un mineur, qui tape au marteau dans le fond d’un boyau sous une chaleur écrasante : Il est ravi de ses cadeaux, en nous expliquant que ca fait 25 ans qu’il travaille ici. Les mines ont fermé officiellement il y a plusieurs années, le cout d’extraction de l’étain revenant pratiquement à 2 ou 3 fois le cours mondial, l’état a massivement licencié. Il a cependant encouragé les anciens mineurs à continuer d’y travailler en s’organisant en coopératives privées. Finalement le rendement étant toujours aussi faible, le mineur de coopérative s’exploite lui-même ! Pas de nourriture dans la mine : manger, tout en étant dans cet environnement poussiéreux ne serait pas bon, ils mâchent donc de la coca pour se couper la faim et se donner du cœur à l’ouvrage. Très peu arrivent à l’âge de la retraite. Ils commencent à 14 ans et meurent souvent de maladie avant d’y arriver. Mais le salaire est bien plus élevé qu’un salaire moyen bolivien et l’appât du gain, ainsi que la tradition de la mine de génération en génération en fait un passage obligé pour les habitants de Potosi. Nous repartons tout troublés, même si nous n’avons pas pu voir beaucoup de mineurs car c’est samedi après midi et eux aussi ont droit à un peu de repos ! 

Balade dans la ville l’après midi : jolies ruelles colorées, avenantes et pentues, remplies d’églises. Nous passons également par la Casa de la Monéda, le plus grand et le plus important bâtiment civil colonial des Amériques. C’est ici que l’on frappa la monnaie jusqu’en 1909 sur d’antiques matrices mues par des esclaves d’abord, par des chevaux ensuite et enfin par des machines à vapeur. D’autres salles sont consacrées à la peinture, aux souvenir de guerres, quelques momies de bébés, bref, musée un peu fourre tout. Un guide épouvantable nous fait presque regretter la visite ! Nous mangeons à 4 sur la petite place du marché un plat typique et allons nous coucher. Le lendemain nous avons un bus dans l’après midi pour Sucre. Nous arpentons les ruelles de la ville une dernière fois à la recherche d’une guitare, sans succès, et de chapeaux made in Bolivie, notre premier souvenir depuis longtemps. Un petit tour sur internet, dans un kiosque de la ville et nous attrapons notre bus. Nous arrivons tard à Sucre, trouvons un hôtel et allons dormir. Le lendemain RdV avec D et J sur la place d’arme. La ville est toute blanche et remplie d’anciennes maisons coloniales à balconnets sculptés et encore et toujours d’églises. La patience et la passion ne nous embarquent pas dans la visite de toutes, préférant nous imprégner de l’ambiance de la ville à travers des balades. Le lendemain nous allons nous promener sur les hauteurs de la ville, sur la place où se trouve l’ancien couvent de la Recoleta et d’où nous avons une vue d’ensemble sur la ville et les collines qui l’entourent. Puis c’est retour au centre pour la visite de San Felipe de Neri, ancien couvent reconverti en école d’où la vue sur les toits environnants et les clochers des églises avoisinants est jolie. Nous passerons 3 nuits à Sucre ne nous brusquant pas trop : quelques églises, quelques balades et quelques hamburgers boliviens avant de prendre un bus pour la Paz. Arrivés à la Paz, la capitale la plus haute du monde, étagée de 3000 à 4100 mètres, où «curieusement » c’est la seule ville de la planète où les riches, au lieu d’être en haut de la ville résident tout en bas (et les pauvres tout en haut). 1000 mètres de dénivelé, en haute montagne, sur le plan climatique, ça compte ! Nous grimpons sur les hauteurs de la ville et nous installons dans un hôtel charmant, dont nous profitons pendant 2 nuits. Nous visitions la ville, qui ne semble avoir que des rues qui montent !!! Après avoir fait quelques emplettes au marché des sorciers, où sur les étals nous apercevons herbes, pierres magiques et fœtus de lamas, nous allons faire un tour sur la place de Los Heroes et passons par l’église San Fransisco, le plus bel édifice colonial de La Paz, avec sa remarquable façade baroque.  Puis nous finissons la journée dans le vieux quartier colonial, dont il ne reste qu’une rue, la plus belle de la ville, la calle Jaen après y avoir visité son musée des instruments de musique pour la plus grande joie de Franck. Nous y dégustons une bonne pizza en compagnie de D et J.

Le 27 au matin nous partons pour Copacabana, au bord du lac Titicaca, à la frontière avec la Pérou. Nous dégotons un hôtel miteux pas cher et nous décidions à grimper au sommet du calvaire, pour le coucher du soleil. L’effort ne sera pas récompensé, la soirée est nuageuse, le soleil se cache, mais le panorama sur le lac et sur la ville est tout de même une belle consolation ! Le lendemain matin nous arpentons les rues du marché et grignotons quelques empanadas sur le pouce, avant de remonter dans un bus, direction le Pérou.

Villes de Bolivie
Album : Villes de Bolivie

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Publié dans : BOLIVIE | le 9 décembre, 2010 |7 Commentaires »

Du désert de l’Atacama au Salaar d’Uyuni

Nous quittons le 14 novembre nos 3 acolytes dans la matinée et parcourons une route splendide avec des paysages somptueux, un passage de col à 4000 et en milieu d’après midi nous descendons du bus à San Pedro de Atacama, au Chili. Le village est planté au milieu du désert et il est le point de départ vers de nombreuses excursions. A peine commençons nous notre recherche d’hôtel que nous apercevons Delphine et Jérôme qui arrivent à notre rencontre. Ils sont dans la ville depuis 3 jours déjà et nous attendaient pour continuer la route ensemble. Nous nous installons au même hôtel qu’eux et commençons l’organisation des prochains jours. Eux ayant déjà vu les alentours nous rattrapons rapidement notre retard en allant dès le lendemain voir les 2 sites principaux : les geysers du Tatio à 4300 m et la vallée de la Lune. Donc dès le lendemain matin, nous nous levons à 4h du mat’ pour joindre un groupe en excursion aux geysers. Nous arrivons sur place quelques minutes avant le lever du soleil, au moment ou les geysers sont au top de leur activité. Les jets d’eau et de vapeur de 6 à 7 mètres au dessus du sol sont impressionnants. Petit dej sur place avant de nous immerger dans les eaux à 40 degrés au milieu de ce paysage superbe. Le choc thermique à la sortie du bain est un mauvais instant à passer, Hélène reste d’ailleurs sagement hors de l’eau, prétextant vouloir nous prendre tous les 3 en photos… Retour à San Pedro, courte sieste puis nous partons pour une autre excursion. La vallée de la Lune, nommée ainsi car vue du ciel elle ressemblerait à notre satellite naturel. D’ailleurs la NASA vient faire des essais régulièrement dans la région. Paysages étonnants, arides, sans vie. Effectivement on se croit un peu sur la lune tant les formations rocheuses semblent venue d’un autre monde. Fin de journée au sommet de la dune pour assister au coucher de soleil sur le volcan Licancabur, sommet icône de la région tant sa forme conique est parfaite, culminant à 6000m.  Le lendemain à 8h du matin nous montons à bord du minibus qui nous mène à la frontière entre le Chili et la Bolivie. Nous avons réservé une traversée du sud bolivien en 4×4 qui va durer 3 jours et 2 nuits.

Après avoir fait tamponner nos passeports et avalé un petit dej’ copieux que notre chauffeur nous a préparé, nous grimpons dans notre 4×4 tous les 4 et démarrons pour un safari exceptionnel. Notre chauffeur Luis Mario est aussi notre guide, cela fait 7 ans qu’il fait les allers retours entre Uyuni, sa ville natale en Bolivie, et la frontière chilienne. Autant dire qu’il connait la route, et il y va même quelques fois les yeux fermés : nous en avons été témoins à plusieurs reprises !!! Grâce à la coca, il se tient éveillé malgré une nuit précédente à traverser les 700km de désert qui séparent Uyuni de la frontière chilienne, où il est venu nous chercher. Nous essayons de le tenir éveillé le premier jour en lui posant des questions toutes les 5 minutes. Premier jour bien rempli,après avoir passé un col à 4900m (plus haut que le Mont Blanc!) nous nous arrêtons d’abord à la Laguna Blanca avec ses flamands roses, puis à la Laguna Verde avec en fond le volcan Licancabur. La couleur verte du lac est due à la présence d’arsenic dans ses eaux, les flamands se tiennent donc à l’écart. Puis nous nous arrêtons quelques instants devant des formations rocheuses volcaniques s’appelant le désert de Salvador Dali. Hommage tout à fait justifié au peintre, élégantes coupes de pierre taillées par le vent, symphonie de couleurs chaudes, on se croit dans  «  la persistance de la mémoire ».  Enfin nous arrivons aux sources d’eau chaude de Polques ou nous nous baignons dans une eau à 40 degrés au milieu de quelques lamas amicaux. Nous reprenons la route et nous arrêtons au refuge dans l’après midi : sieste et détente au programme. Une journée aussi belle nous attend le lendemain. Nuit très difficile à 4500m d’altitude, impression d’étouffer pendant le sommeil tant la respiration est difficile due au manque d’oxygène.

Départ à l’aube pour profiter des belles couleurs du matin sur la Laguna colorada, encore une merveille de la nature. L’eau y est rouge comme le sang et cela est dû à des algues microscopiques qui réagissent à la lumière. Là encore des centaines de flamands font le spectacle pour le plus grand plaisir de nos yeux ébahis. L’arrêt suivant se fait aux geysers « Sol de Manana » avec des cratères crachant de la boue et de la fumée, à une température proche des 200 degrés. Encore un panorama hors du commun ! Enfin, nous enchainons sur quatre autres petites lagunes, ou nous nous délectons d’un sympathique pique nique entre les flamands roses et les alpacas. Le soir venu, nous dormons dans un hôtel de sel, tout proche du fameux salaar d’Uyuni, où nous fonçons à 4h du mat le lendemain pour pouvoir assister au lever du soleil. A 3700m d’altitude, c’est le plus grand désert de sel au monde : l’équivalent de 2 départements français. D’après les experts, sous la croute de sel, git plus de la moitié des réserves de lithium du monde, ce qui promet des jours meilleurs à la Bolivie. Le spectacle est grandiose : les photos parlent d’elles mêmes. Le désert immaculé prend des teintes rosées au petit matin, tandis que nos ombres gigantesques nous amusent comme des enfants. Plus tard, nous prenons des photos truquées par la perspective, biaisée par les 10000km carré du désert, parfaitement plat. Sur le salaar, la petite ile du Pescado peuplée de cactus offre en son point culminant un panorama à 360 ° sur le désert de sel et sur les volcans environnants. En début d’après-midi nous quittons le sol blanc pour prendre la direction de la ville d’Uyuni où un bon repas nous attend. Nous quittons Luis Mario la larme à l’œil le 18 novembre. Nous avons passé sans doute les 3 plus belles journées de notre tour du monde en termes de beauté des paysages. Pour d’autres photos et prendre de l’avance sur nos articles en retard, le blog de Jérôme et Delphine est quant à lui à jour. (http://bibiplanete.free.fr)

Atacama et sud Bolivie
Album : Atacama et sud Bolivie

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Publié dans : BOLIVIE, CHILI | le 6 décembre, 2010 |8 Commentaires »

L’Argentine : le Nord Ouest à 5

Nous atterrissons à Salta 5 novembre et empruntons un bus pour le centre ville. Immersion immédiate dans la vie locale, nous n’avons pas de monnaie pour payer le bus et 3 personnes s’empressent de nous payer le ticket ; quelques minutes plus tard un bébé rend tout son bon lait sur le sac de victuailles que Franck avait posé aux pieds de sa maman… Enfin nous arrivons à Salta et dégotons l’affaire du siècle en payant notre chambre un prix dérisoire. Salta est la porte d’entrée du Nord Ouest Argentin. La région est tout à fait différente de celles que nous avons traversé : sèche et aride, en bordure de la cordillère des Andes, ses paysages minéraux sont magnifiques et torturés. Après un petit tour sur la place du centre très vivante et un coup d’œil à la cathédrale qui semble avoir été colorée par un pâtissier, nous entrons dans le musée archéologique de haute montagne. L’un des meilleurs musées que nous ayons visité, il présente certains aspects de la culture inca et particulièrement les sacrifices d’enfants perpétrés sur certains des plus hauts sommets des Andes. Les explications sur ces rituels sont extrêmement intéressantes, elles mènent à la pièce majeure du musée, la Doncella, le corps momifié d’une petite fille, l’un des 3 enfants découverts au sommet du Llullaillaco (6739m d’altitude, les corps et les vêtements des enfants ont été parfaitement conservés) lors d’une expédition en 1999. Une découverte majeure d’une valeur inestimable pour les archéologues concernant les us et coutumes du peuple inca. Le soir nous nous attardons à regarder danser quelques couples avant d’aller avaler quelques bonnes empanadas made in La Casa de las Empanadas ! Le lendemain, l’évènement de la journée sera notre repas à la Luna Verde, ou le patron, un hollandais chercheur en chimie reconverti en restaurateur depuis peu, qui nous racontera sa vie et présentera ses objets de collections jusqu’à 3h du matin ! Cuisine excellente, n’hésitez pas si vous passez par Salta, mais surtout n’engagez pas la conversation ! Le lendemain après-midi nous retrouvons Delphine et Jérome qui sont aussi dans la ville et allons faire un tour sur le marché d’artisanat. Et le soir retour à la Casa de las Empanadas où nous goûtons les humitas et les tamals.

Le 8 au matin nous allons chercher notre voiture de location que nous aurons pour une semaine. On met les voiles direction Cafayate en passant par la Quebrada des las Conchas. Une zone sauvage et des paysages superbes de formations rocheuses surréalistes, nous passons par la Garganta del Diablo, el Amfiteatro, « le crapaud » un peu décevant, et nous apercevons nos premiers cactus. Nous arrivons dans le village de Cafayate en fin de journée et nous attablons pour un bon repas en terrasse sur la place. Et qui voyons nous arriver : Delphine et Jérôme, qui viennent eux aussi de descendre de leur bus de Salta. Nous prévoyons de nous revoir le lendemain soir. Le 9 au matin nous parcourons la vingtaine de kilomètres qui nous sépare du site exceptionnel de Quilmes. Ce sont les ruines d’un village ancien construit à flan de montage et dominant la plaine envahie de cactus. Les 5000 habitants de ce site furent l’un des seul peuple à résister aux conquêtes Incas. Malheureusement ils ne résistèrent pas au siège des Espagnols qui déportèrent les 2000 derniers habitants à Buenos Aires en 1667. Après nous être présentés aux quelques lamas qui gambadent à l’entrée du site, nous grimpons au sommet du village d’où les panoramas récompensent l’effort. Sur le retour nous nous arrêtons à la bodega Etchart pour une visite rapide des caves et une dégustation de 4 vins jeunes mais assez bons pour que nous achetions quelques bouteilles à la sortie ! Le soir Delphine et Jérôme nous emmène dans une petite comida pour partager un repas simple mais gouteux et copieux devant la télé que les locaux ne quittent pas des yeux. Le lendemain matin départ pour la route de terre et graviers qui nous mène d’abord à Molinos ou nous déjeunons dans la Casa de Isasmendi, un repas digne d’un 3 étoiles, mention très très bon pour le volcan de chocolat que nous prenons tous les 5 ! Arrêt rapide à la ferme de vigognes, puis nous continuons la route pour Cachi. Là nous trouvons la chambre la moins chère d’Argentine, un peu vétuste mais l’accueil chaleureux du patron nous convint. Cachi, 2280m d’altitude, entourée de hauts sommets, du bon air mais pas grand-chose à voir, nous trouvons tout de même une boutique d’artisanat super sympa, Vanessa et Patrice font le plein de cadres en cactus. Le lendemain nous traversons Salta, arrêt rapide pour récupérer les sacs que nous avions laissé à l’hôtel (et oui nous sommes 5 dans une Corsa améliorée donc pas la place pour 5 sacs énorme !) et nous partons pour Jujuy. Nous trouvons un hôtel sympa avec guitare à disposition et prenons l’apéro en fredonnant quelques classiques de la pop française, avant d’aller s’engloutir de bons steaks de lama au resto du bout de la rue. Jujuy rien à voir, juste une grosse ville étape pour le nord du pays.

Nous reprenons la route le 12 au matin et nous arrêtons dans le village de Tilcara ou le marché quelque peu touristique retient fortement notre attention. Pendant que Vanessa et Patrice partent visiter les ruines d’une ancienne cité inca sur les hauteurs du village, nous arpentons la place du marché afin de dégoter la bonne affaire. Pierre trouve son bonheur avec une belle calebasse à maté et Hélène retourne 5 fois au même stand pour négocier le prix du trésor qu’elle convoite, dont nous ne dévoilerons pas la nature, classé secret défense. Une heure plus tard nous arrivons dans le village de Humahuaca après avoir traversé la Quebrada de Humahuaca aux couleurs somptueuses, il est déjà tard et nous trouvons rapidement une chambre sur les conseils d’une vieille dame extrêmement charmante dont l’hôtel est déjà plein. Nous ne traînons pas à Humahuaca puisque nous voulons nous rendre aux confins du nord argentin, sur les rives de la laguna Pozuelos réputée pour sa faune abondante. La encore sur 50 kilomètres nous ne touchons nos sièges que 50% du temps tellement la route est cabossée. Mais le jeu en vaut la chandelle, nous nous arrêtons à quelques mètres de timides lamas, de superbes vigognes, et après quelques minute de marche sur le fond du lac asséché le spectacle est unique : des milliers de flamants roses à perte de vue, qui toutes les minutes s’envolent en grappes de plusieurs centaines d’individus, dans un décor somptueux. Quelques photos sur la fine couche de sel que le lac évaporé a laissé et nous repartons sur la route roumpacou… et à moins d’un kilomètre de la route goudronnée un bruit suspect nous pousse à nous arrêter… et la roue arrière gauche est à plat ! Nous qui avions calculé notre temps tout juste pour pouvoir faire le retour en passant par les salines, on va devoir changer les plans ! Nous remplaçons la roue crevée par la roue de secours qui s’avère bien lisse. Nous écumons les garages des alentours et après un appel à l’agence de location nous faisons changer le pneu crevé afin de continuer le périple, mais il fait déjà nuit et nous n’avons que le temps de nous rendre à Pumamarca d’où Hélène et Franck doivent prendre le bus tôt le lendemain matin pour San Pedro de Atacama au Chili. Fatigués nous mangeons rapidement à l’hôtel où la patronne, la star du village, enchaîne les chants argentins tous les soirs de l’année et partons vite rejoindre Morphée. Le 14 novembre à 9h du matin nous quittons Vanessa, Patrice et Pierre à l’arrêt de bus, nous avons passé un séjour exceptionnel tous les 5 (il ne manquait plus que Marie mais là on aurait été un peu serrés dans la Corsa), eux continuent leur périple pour aller voir les chutes d’Iguaçu quand nous partons pour le désert d’Atacama, retour au Chili pour la partie nord cette fois.

Nord Ouest Argentine
Album : Nord Ouest Argentine

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Publié dans : ARGENTINE | le 1 décembre, 2010 |7 Commentaires »
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