Les villes de Bolivie

Nous dormons à Uyuni et achetons un vieux routard 2000-2001 Bolivie-Pérou-Equateur dans notre hôtel, le moins cher de la ville. Départ matinal vers Potosi. Après 3h de route nous arrivons en ville et cherchons un hôtel pas cher, l’auberge de jeunesse la plus cracra qu’on ait faite. Ça fera l’affaire pour 2 nuits ! Potosi est la seule ville d’Amérique Latine élevée au rang de ville impériale (en 1555 par Charles Quint). Exploitée pendant 3 siècles, la mine aurait produit suffisamment pour paver d’argent  une route à deux voies jusqu’à Madrid ! Surnommé par les espagnols le Cerro Rico (la montagne riche), la mine comptait 10 000 galeries et plusieurs milliers d’entrées.  Avec plus de 160 000 habitants, Potosi était plus peuplée que Paris et Londres à la fin du 16esiècle. Les historiens sont formels, les flux d’argent des mines de Potosi vers l’Europe fut une condition sine qua non du développement du capitalisme. On appelle ce processus la formation primitive du capital : une injection de liquidités qu’on a du mal à imaginer : 50 milliards de dollars des années 70 entre le 16e et 19esiècle. Sans parler du génocide de 6 millions d’indiens Aymaras, Quechuas, ainsi que des Noirs importés d’Afrique par le biais du commerce triangulaire ! Des la moitié du 18e, les filons d’argent s’épuisèrent. Potosi tomba en décadence et compta moins de 10 000 habitants au 19e siècle. La découverte et l’exploitation de l’étain relancèrent néanmoins l’économie de la ville avant qu’elle ne retombe ces dernières années, l’exploitation ne se révélant plus rentable…  Nous réservons dans une agence la visite du Cerro Rico, pour le lendemain. L’expérience est troublante : nous sommes habillés en tenue de mineurs (combinaison, bottes, casque à lampe). Germinal, vécu en direct au 21eme siècle ! Nous passons d’abord par le marché des mineurs où il nous est recommandé de ramener des cadeaux aux travailleurs de fond. Boissons sucrées, cigarettes, feuilles de coca, dynamite…Nous achetons chacun un sac, prêts à faire notre toute petite BA. Nous entrons dans la mine, suivons le boyau pendant plusieurs centaines de mètres, dans une quasi obscurité. Nous sommes équipés de petits masques, mais pas les mineurs et quand bien même, ils ne représentent pas une protection suffisante pour l’environnement néfaste dans lequel ils évoluent. Long tunnel étroit, où l’on marche courbé en deux. La chaleur devient vite étouffante, l’air de moins en moins respirable (poussière, salpêtre, amiante, carbure de calcium, etc). Nous rencontrons un mineur, qui tape au marteau dans le fond d’un boyau sous une chaleur écrasante : Il est ravi de ses cadeaux, en nous expliquant que ca fait 25 ans qu’il travaille ici. Les mines ont fermé officiellement il y a plusieurs années, le cout d’extraction de l’étain revenant pratiquement à 2 ou 3 fois le cours mondial, l’état a massivement licencié. Il a cependant encouragé les anciens mineurs à continuer d’y travailler en s’organisant en coopératives privées. Finalement le rendement étant toujours aussi faible, le mineur de coopérative s’exploite lui-même ! Pas de nourriture dans la mine : manger, tout en étant dans cet environnement poussiéreux ne serait pas bon, ils mâchent donc de la coca pour se couper la faim et se donner du cœur à l’ouvrage. Très peu arrivent à l’âge de la retraite. Ils commencent à 14 ans et meurent souvent de maladie avant d’y arriver. Mais le salaire est bien plus élevé qu’un salaire moyen bolivien et l’appât du gain, ainsi que la tradition de la mine de génération en génération en fait un passage obligé pour les habitants de Potosi. Nous repartons tout troublés, même si nous n’avons pas pu voir beaucoup de mineurs car c’est samedi après midi et eux aussi ont droit à un peu de repos ! 

Balade dans la ville l’après midi : jolies ruelles colorées, avenantes et pentues, remplies d’églises. Nous passons également par la Casa de la Monéda, le plus grand et le plus important bâtiment civil colonial des Amériques. C’est ici que l’on frappa la monnaie jusqu’en 1909 sur d’antiques matrices mues par des esclaves d’abord, par des chevaux ensuite et enfin par des machines à vapeur. D’autres salles sont consacrées à la peinture, aux souvenir de guerres, quelques momies de bébés, bref, musée un peu fourre tout. Un guide épouvantable nous fait presque regretter la visite ! Nous mangeons à 4 sur la petite place du marché un plat typique et allons nous coucher. Le lendemain nous avons un bus dans l’après midi pour Sucre. Nous arpentons les ruelles de la ville une dernière fois à la recherche d’une guitare, sans succès, et de chapeaux made in Bolivie, notre premier souvenir depuis longtemps. Un petit tour sur internet, dans un kiosque de la ville et nous attrapons notre bus. Nous arrivons tard à Sucre, trouvons un hôtel et allons dormir. Le lendemain RdV avec D et J sur la place d’arme. La ville est toute blanche et remplie d’anciennes maisons coloniales à balconnets sculptés et encore et toujours d’églises. La patience et la passion ne nous embarquent pas dans la visite de toutes, préférant nous imprégner de l’ambiance de la ville à travers des balades. Le lendemain nous allons nous promener sur les hauteurs de la ville, sur la place où se trouve l’ancien couvent de la Recoleta et d’où nous avons une vue d’ensemble sur la ville et les collines qui l’entourent. Puis c’est retour au centre pour la visite de San Felipe de Neri, ancien couvent reconverti en école d’où la vue sur les toits environnants et les clochers des églises avoisinants est jolie. Nous passerons 3 nuits à Sucre ne nous brusquant pas trop : quelques églises, quelques balades et quelques hamburgers boliviens avant de prendre un bus pour la Paz. Arrivés à la Paz, la capitale la plus haute du monde, étagée de 3000 à 4100 mètres, où «curieusement » c’est la seule ville de la planète où les riches, au lieu d’être en haut de la ville résident tout en bas (et les pauvres tout en haut). 1000 mètres de dénivelé, en haute montagne, sur le plan climatique, ça compte ! Nous grimpons sur les hauteurs de la ville et nous installons dans un hôtel charmant, dont nous profitons pendant 2 nuits. Nous visitions la ville, qui ne semble avoir que des rues qui montent !!! Après avoir fait quelques emplettes au marché des sorciers, où sur les étals nous apercevons herbes, pierres magiques et fœtus de lamas, nous allons faire un tour sur la place de Los Heroes et passons par l’église San Fransisco, le plus bel édifice colonial de La Paz, avec sa remarquable façade baroque.  Puis nous finissons la journée dans le vieux quartier colonial, dont il ne reste qu’une rue, la plus belle de la ville, la calle Jaen après y avoir visité son musée des instruments de musique pour la plus grande joie de Franck. Nous y dégustons une bonne pizza en compagnie de D et J.

Le 27 au matin nous partons pour Copacabana, au bord du lac Titicaca, à la frontière avec la Pérou. Nous dégotons un hôtel miteux pas cher et nous décidions à grimper au sommet du calvaire, pour le coucher du soleil. L’effort ne sera pas récompensé, la soirée est nuageuse, le soleil se cache, mais le panorama sur le lac et sur la ville est tout de même une belle consolation ! Le lendemain matin nous arpentons les rues du marché et grignotons quelques empanadas sur le pouce, avant de remonter dans un bus, direction le Pérou.

Villes de Bolivie
Album : Villes de Bolivie

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Publié dans : BOLIVIE |le 9 décembre, 2010 |7 Commentaires »

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7 Commentaires Commenter.

  1. le 9 décembre 2010 à 18:05 Anonyme écrit:

    Bisous à trés bientôt les tourtereaux
    Béa

  2. le 9 décembre 2010 à 20:59 Anonyme écrit:

    Salut les muchachos (c’est plutôt mexicain çà non ?)
    On sent que vous essayer de rattraper le temps perdu, ne bâclez pas, on se régale trop !
    Toujours de belles photos originales, on a reconnu la grenouille, il nous manque la table, tu aurais pu la ramener.
    Vous ne parlez pas beaucoup de musique, pourtant, il doit y avoir ce qu’il faut en bolivie. J’espère que vous aurez quelques enregistrements à nous faire écouter. Sinon, puisqu’LN s’entraîne au bandoneon, il faudra qu’elle nous fasse un petit concert ;)
    A part çà, en mineur, vous êtes pas mal.
    Euh, au fait, faut pas faire du copier/coller de routard, çà se sent trop.
    Un petit coucou aux mentonais qui ont donc eux aussi décidé de voyager loin. çà va en faire des choses à raconter quand tout le monde va se retrouver.
    En congé demain (eh oui encore) pour commencer à faire quelques courses avant l’affluence du week-end.
    Bisous

  3. le 10 décembre 2010 à 17:29 irène écrit:

    Les pauvres mineurs !!!on a mal pour eux et quel courage !!!
    A bientôt de vous revoir
    Irène

  4. le 11 décembre 2010 à 7:25 Gigi écrit:

    Les contrastes saisissants de la Bolivie sont super, vous devez vous régaler !

    Profitez bien !

    gros bisous

  5. le 11 décembre 2010 à 21:18 Cyril écrit:

    Bonsoir,

    Je trouve que l’Amerique latine vous va
    a merveille.

    Profitez bien

    A bientôt

    Cyril

  6. le 13 décembre 2010 à 19:11 caro et morad écrit:

    Hola Boludos !

    En parcourant vos derniers articles, nous sommes nostalgiques de l’Amérique du sud. Ce matin nous venons d’écrire notre dernier article et le conseil qu’on peut vous donner c’est de profiter un max de vos derniers jours car ça passe vraiment très vite… Ca fait bizarre de se retrouver en france, surtout avec cette température.
    En espérant vous voir à votre retour, on vous embrasse et vous souhaite une très belle fin de voyage.

    caro et morad

  7. le 14 décembre 2010 à 13:39 Anonyme écrit:

    Hello!
    Un oetit mot pour vous dire encore et toujours que je me régale de vous lire. Les photos sont toujours aussi réussies. Profitez bien, la fin approche. En espérant vous voir sur Paris l’année prochaine. Bisous
    Céline

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